atelier d’écriture : le mariage

Cela fait depuis le mois d’août que j’écris avec beaucoup de ratés une romance et je ne pouvais donc pas louper cette magnifique photo chez Leiloona qui m’a inspiré ceci :

Voici ma participation à l’atelier d’écriture de Leiloona :

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Il la regardait chercher je ne sais quoi et admirait sa silhouette qui se dessinait en transparence. Ca ne se voyait pas avec la pénombre mais il savait que ses cheveux étaient dorés comme les blés et qu’ils la désespéraient du fait de leur indiscipline. Il avait entendu la conversation qu’elle avait eu avec sa soeur par rapport au choix de la tenue pour ce mariage. Elle lui avait juré que c’était bien pour elle qu’elle se donnait tout ce mal. Pour le mariage de sa meilleure amie qu’elle avait supporté les mauvais conseils des vendeuses et les soupirs des copines excédées par la dixième boutique visitée. Il n’y connaissait pas grand chose en froufrou féminin, tout ce qu’il voyait, c’était que l’effet que cette tenue lui faisait était très difficile à cacher. Est-ce que c’était cette tenue ou juste qu’il se rendait enfin compte que ce n’était plus la peine de combattre ses sentiments ?
Avec l’histoire familiale que sa soeur et lui avaient, c’était pour lui impossible de croire qu’il serait capable de ne pas tout gâcher. Sa soeur avait sans doute une plus grande résilience que lui. Enfin au début, ce n’était pas la chose plus aisée à diagnostiquer vu le nombre de fois où elle avait rompu avec pertes et fracas. Lui était devenu professionnel des relations sans prise de tête, avec son sourire beau gosse comme disait Amandine, sa soeur, il trouvait facilement des filles et leur signifiaient rapidement qu’il n’était pas une cause à investir. Elles n’avaient pas le temps de s’attacher et donc les ruptures se faisaient nettes et sans bavures.
Puis, Amandine avait rencontré Romain. Et là, elle était tombée éperdument amoureuse d’un mec foncièrement motivé à la garder près de lui qu’importe les efforts nécessaires. Et lui, il avait été le spectateur de l’apaisement de sa soeur, de son bonheur et des ses crises d’angoisse sur l’idée qu’un tel bonheur allait forcément s’arrêter.
— Tu comprends, toi. Comment ça pourrait durer avec les gènes que nous avons ? Comment je pourrais ne pas tout détruire avec les exemples que l’on a eu à la maison ?
Et il s’était retrouvé à lui soutenir que oui, elle était capable d’être heureuse, que non, la connerie n’était pas héréditaire et qu’elle avait le droit d’être épanouie en couple sans que ça lui explose à la tête.
— Alors, si ce que tu dis est vrai pour moi, ça l’est aussi pour toi, frérot !

Et il s’était pris une baffe dans la figure. Parce que ce dont il était persuadé pour sa soeur, il ne l’avait pas cru applicable pour lui.
Et au moment de cette prise de conscience, alors qu’ils étaient attablés à leur café de quartier, Camille, la meilleure amie de sa soeur, la jeune femme aux cheveux couleur des blés, était arrivée les joues rougies par le froid et le sourire jusqu’aux oreilles.
— J’ai trouvé du travail ! Dans ta boite, Clément !
La torture avait commencé. Le supplice de la voir tous les jours au travail faire des sourires à tout le monde sans distinction. Voir ses collègues se demander si elle était célibataire et essayer de sortir avec elle. L’envie de l’attraper par le bras pour l’emmener dans la réserve et la sermonner sur la dangerosité dans un univers masculin d’être sympathique avec tout le monde. Il avait envie de lui dire « les hommes sont des hormones sur patte. Ils te déshabillent mentalement et imaginent des choses classées X dans leur tête tellement tu es jolie et souriante. Arrête ça tout de suite ». Mais il ne l’avait pas fait. Ca aurait été avoué que c’était lui, surtout, qui l’imaginait nue dans son lit en train de gémir de plaisir.

Et voilà, six mois plus tard, après avoir accompagné sa soeur jusqu’à son mari pour la cérémonie laïque, après avoir fait un discours qui avait fait pleurer sa petite soeur et rendu les yeux de son beau-frère brillant d’émotion, il était planqué dans l’ombre d’une grande salle du manoir à réfléchir.
Des fois, dans la vie, il faut prendre des décisions sous peine de se traiter de con pour le restant de ses jours. C’était un de ces instants.
Il enleva ses mains moites de ses poches et le bruissement de son costume la fit se retourner. Quand elle le vit, elle lui décrocha un immense sourire.
— Tu es là ? Amandine te cherche. Elle veut te présenter quelqu’un.
Il ne bougea pas, paralyser par la décision qu’il venait de prendre. Elle s’approcha et plissa les yeux pour mieux le voir.
— Ca va ?
Poussé par la nécessité impérieuse d’enfin la toucher, il s’avança vers elle et lui saisit le visage entre les mains. Il l’embrassa tout doucement pour lui laisser l’opportunité de s’écarter de lui.
Voyant qu’elle ne réagissait pas, il approfondit son baiser, il sentit son corps se relâcher et entendit son sac tombé au sol. Elle émit un petit gémissement et lui passa les mains dans les cheveux. Elle se colla à lui et il se permit, enfin, de faire ce dont il rêvait depuis la nuit des temps, toucher son corps, la caresser, la mouler contre lui. Il lui sembla qu’ils s’embrassèrent pendant une éternité et quand enfin ils se détachèrent l’un de l’autre, elle émit un petit rire.
— Enfin ! Tu en as mis du temps.
Il lui rendit son sourire, à moitié amusé de ce manque de surprise, à moitié irrité d’avoir été si prévisible.
— Tu n’es pas surprise ?
— Je le voulais tellement que ce n’était pas possible que ce n’est pas lieu, lui dit-elle en lui caressant la joue.
— Il te faudra être patiente car je suis un peu lent parfois.
Elle entendit dans cette phrase la promesse d’un avenir qu’il n’avait donné à aucune autre avant elle et le prit comme il se devait, comme un cadeau.
— Ne t’inquiète pas, j’ai une patience d’ange.
Et elle l’embrassa avec passion.

La mariée, partie à la recherche de ses témoins, les trouva dans la pièce lambrissée appelée l’appel des anges en train de s’embrasser sous le regard bienveillant de cupidon. Elle n’aura même pas eu besoin de coller des coups de pieds aux fesses de son frère finalement.

 

 

Voici pour mon retour sur le blog avec l’atelier d’écriture de Leiloona

atelier d'écriture leiloona

 

Je reviendrai pour poster tous mes coups de coeur depuis septembre, ayant un long mois d’arrêt de travail devant moi, j’aurai enfin le temps de partager mes lectures avec vous.

Belle journée à vous

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15 réflexions sur “atelier d’écriture : le mariage

  1. Elle a bien fait d’attendre le temps qu’il fallait, un fruit mûr se détache de l’arbre dès qu’on le touche….Et alors quel délice !!!!….

  2. Désolée, j’avais mis un commentaire sur ton texte mais je vois qu’il n’est pas sorti…..
    Cela m’amuse ce que tu racontes dans ton texte, l’homme se croit toujours le chasseur depuis la nuit des temps, mais c’est souvent celle qu’il croit chasser qui a tout décidé depuis un bon moment !!!!

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