On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset

Quatrième de couverture :

On siffle sa première pièce ? Musset s’en moque, il publiera les autres pour son plaisir, insouciant d’aucune règle, sauf celle de ses caprices et de sa fantaisie douloureuse et si légère. Ce sera son  » spectacle dans un fauteuil « . c’est pourquoi on ne cessera jamais de jouer ses comédies et proverbes. Dans quel rêve, quel château, quel parc mélancolique sommes-nous ? Le jeune seigneur Perdican devrait y épouser sa cousine Camille, mais en un instant il décide d’aimer une jeune bergère. Soudain dédaignée, Camille, qui ne croyait pas à l’amour, connaît le dépit, la jalousie, l’égoïsme de la passion. Autour d’eux, s’agitent des personnages fantoches d’une cocasserie irrésistible. Dans ce théâtre féérique, on se croise, on se déchire, on s’ennuie, on croit que tout est vain, on triche, on se désire, on souffre jusqu’à en mourir. Comme dans la vie.

Pourquoi ce livre ?

Leiloona a lancé un défi tous au théâtre auquel je participe. J’avais lu cette pièce présente dans ma bibliothèque il y a longtemps et comme je m’en souvenais plus, je l’ai relu pour l’occasion.

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La servante écarlate de Margaret Atwood

Quatrième de couverture :

Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l’Ordre a été restauré. L’Etat, avec le soutien de sa milice d’Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d’un Evangile revisité. Dans cette société régie par l’oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L’une d’elle raconte son quotidien de douleur, d’angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d’une vie révolue, d’un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. Une œuvre d’une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent.

Pourquoi ce livre ?

Je l’avais remarqué sur la blogosphère (mais je ne sais plus où …)

Ma lecture :

Ce livre a eu le don de me donner des frissons. C’est un récit de science fiction mais la possibilité que ça devienne une réalité n’est tellement pas improbable qu’il m’a fait peur.
Un pays se retrouve avec des femmes habillées en écarlate pour procréer.
Elles ne sont utiles qu’à ça. Elles sont les procréatrices des classes riches dans une société où le taux de fécondité a chuté à cause de catastrophes écologiques.

Ces femmes n’ont aucun droit, elles sont séparées de leur conjoint, de leurs enfants. Elles n’ont aucune perspective d’avenir et subisse la pression d’enfanter à tout prix.
En cas d’échec, elles sont envoyées dieu sait où.

Une servante écarlate raconte sa vie, raconte cette dictature et l’installation du pouvoir religieux en loi toute puissante.

Effrayant !

Il y a tellement de thème d’actualité dans ce livre : les catastrophes écologiques, la baisse du taux de fécondité, l’extrémisme religieux. Tout ceci réuni peut donner  un témoignage de la vie réelle si l’on ne fait pas attention.

Un extrait :

« Mais s’il se trouve que vous êtes un homme, quelque part dans l’avenir, et que vous avez survécu jusque là, surtout n’oubliez jamais ceci : vous ne serez jamais soumis à la tentation de croire que vous devez pardonner comme une femme se doit de le faire. C’est difficile d’y résister,croyez-moi. Mais souvenez-vous que le pardon est aussi un pouvoir. Le mendier est un pouvoir, le refuser ou l’accorder est aussi un pouvoir, peut-être le plus grand de tous. » p150

Ma note : 4/5

Mes google readers en parlent : Leiloune, Céline, Argantel, Blog o book

L’ami retrouvé de Fred Uhlman

Quatrième de couverture :

Stuttgart, 1932, Hans Schwarz, fils d’un médecin juif, rencontre Conrad von Hohenfels, issu d’une famille aristocratique à l’histoire prestigieuse. Tout les sépare et, pourtant, une amitié naît, exceptionnelle, exigeante. Mais déjà, avec la montée du nazisme, grondent des rumeurs de haine. Hans, exilé aux Etats-Unis, s’efforcera d’oublier son passé. Un passé qui se rappellera à lui un jour. Une poignante histoire d’amitié rendue impossible par un contexte historique tragique et terrifiant. Fred Uhlman dénonce l’horreur du nazisme.

Pourquoi ce livre ?

Suggestion de mon cher et tendre et pression pour que je le lise vite.

Ma lecture :

Cette histoire raconte l’amitié, en Allemagne, de deux adolescents. L’un est juif, fils de médecin, l’autre protestant, héritier d’une famille ayant un grand passé historique.
Ces deux adolescents sont timides, discrets et étaient seuls avant de s’accoster.
Cette amitié est la chose la plus importante de leur vie et le narrateur se découvre une joie de vivre. Mais c’est sans compter la montée du nazisme et la famille de Conrad …

Ce livre ne m’a pas plu plus que ça.
J’imagine très bien cette amitié, je ressens l’incrédulité de deux jeunes hommes vis à vis des changements politiques alors qu’ils ne se sentent pas concerné.
J’ai aimé les passages de réflexion du héros sur la religion, sur son incompréhension devant un Dieu qui laisserait souffrir les personnes.
Cette histoire m’a laissé sur ma faim.

Un extrait :
« Je savais qu’un million de soldats étaient morts à Verdun. Mais ce n’étaient là que des abstractions, des chiffres, des statistiques, des informations. On ne peut souffrir pour un million d’êtres.
Mais ces trois enfants, je les avais connus, je les avais vus de mes propres yeux, c’était tout à fait différent. Qu’avaient-ils fait, qu’avaient fait leurs pauvres parents pour mériter un tel sort ? » p45

Ma note : 3/5

Critiques et infos sur Babelio.com

La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

Quatrième de couverture :

Jeune époux et futur papa, Shalom pourrait être le plus heureux des hommes. Mais l’enfance peut commettre bien des ravages… Élevé dans la plus stricte orthodoxie juive, il en a gardé une vision très personnelle du  » Tout-Puissant  » et une paranoïa aiguë. Trente-cinq ans que cela dure. Trente-cinq ans d’une relation complexe, faite d’incompréhension et de pure terreur. Alors, à l’adolescence, Shalom s’est rebellé : gavage de hot dogs, lectures pornos… Et il a attendu, tremblant, le châtiment divin. Mais rien… Aujourd’hui, la grossesse de sa femme le laisse désemparé. Partagé entre son désir d’émancipation et sa peur maladive de Dieu, le voilà confronté à l’agonisante question : quel sort doit-il réserver au prépuce de son enfant ?

Pourquoi ce livre ?

La couverture est génial, non ? Et puis la quatrième de couverture est attractive.

Ma lecture :

Shalom est un petit garçon vivant dans une famille juive orthodoxe pratiquante.
A la maison, il y a deux éviers (un pour la viande, un pour les produits laitiers et il ne faut pas que les couverts servant à l’un servent à l’autre sinon ce n’est plus kascher), il doit mettre la kippa, faire le shabbat. Tout cela serait normal si il comprenait pourquoi sa famille qui doit s’aimer et se soutenir, se tape dessus à shabbat (qui est le jour le plus sacré de la semaine), que son père jure (interdiction de blasphémer selon la Torah), etc.
Si bien que Shalom décide de défier Dieu vu que sa famille enfreint les règles de la Torah pourquoi s’arrêter là. Il provoque Dieu pour voir sa réaction. Il commence à ne plus manger kascher en cachette, etc. Seulement Shalom a été éduqué dans une école très pratiquante et il vit avec le poids de toutes les règles qu’il bafoue et les sanctions qui viendront irrémédiablement avec. Il vit tout le temps dans la crainte des sanctions du Divin (il a tué mes parents pendant que j’étais en train de faire ceci, etc).

J’ai trouvé des passages de ce livre drôle car les remarques que fait Shalom à Dieu sont tordantes. Ce gamin a une logique bien particulière et surtout avec le poids de son éducation et son érudition religieuse son raisonnement est atypique.
D’un autre côté, je suis triste pour cet enfant car il montre bien la souffrance  d’avoir toujours peur d’une toute puissance et l’angoisse que ça entraîne d’enfreindre des lois qu’un enfant à gober car c’était son éducation.

Cet enfant, une fois adulte, s’est éloigné de sa religion et de sa famille, car pour lui ce n’était pas ça la vie. Sa famille pratiquante se déchirait, ils enfreignaient des lois mais soutenaient qu’il fallait être juif et pratiquant. Il s’est retrouvé avec un mode de vie qui ne lui correspondait pas et une pratique de la religion qu’il rejetait. Tout en étant pas libre car la peur de Dieu lui ayant été tellement bien inculqué qu’il n’est toujours pas libre au bout de dix ans de psychothérapie.

J’ai beaucoup aimé ce livre car il m’a fait réfléchir à ma vision de Dieu et à l’éducation que je donnerai à mon fils.
C’est un livre gai et drôle pour parler d’un sujet important.
Un bon livre !

Extrait :
Sa femme parlant au narrateur : « Ils t’ont vraiment niqué la tête, toi… »

Ma note : 5/5